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Projet scientifique pour la période 2015-2020

Préambule et contexte général

Quel que soit le domaine, de la science politique à la mécaniques des fluides, l’évaluation de la qualité de l’information élaborée est le pivot d’une démarche critique efficace. Dans un flot à flux tendu, journaux, radios, magazines, Internet, télévision, nous délivrent sollicitations, opinions, sondages, publicités, scoops, et autres prêts-à-penser à toute heure de la journée. Les thèmes les plus variés font « la une » et se disputent une audience à l’affût de la nouveauté et du sensationnel.

Face à ce flot d’informations et de données notre cerveau a pris pour habitude, par gain de temps, de faire confiance, pour peu qu’elles proviennent d’une source jugée « fiable ». Mais qu’est-ce qu’une source fiable ? Le « 13 heures » de France 2 ? Le Nouvel Observateur ? Charlie Hebdo ? Le Monde ? RTL ? Science & Vie ?

Sont-ce des supports objectifs, sachant que leur survie passe par leur santé économique ? L’objectivité est-elle un mythe journalistique ?

Remonter aux revues scientifiques pour avoir des faits bruts est une stratégie en partie efficace, en partie illusoire, tant la connaissance est capitalisée sur un marché de la publication, et tant le publiant est contraint coûte que coûte de publier ou périr, quitte à multiplier les productions médiocres. Qui plus est, l’accès à la publication brute nécessite un haut niveau de connaissance, et des revenus permettant de s’abonner au support. Deux freins, donc, à l’accès à la libre information.

Quand le nombre de nouvelles, de scoops, d’études atteint un seuil critique, le temps passé à tout examiner à la source dépasse de loin le temps d’un trajet en métro ou d’une pause-café. L’analyse se fait alors moins souvent, moins bien, l’impression prend la place du jugement éclairé et entraîne l’individu soit dans un choix factice (a-t-il vraiment le choix s’il ne peut juger ?) entre des éventualités dont la véracité est indiscernable, soit dans une sorte d’indétermination chronique. Dans un cas comme dans l’autre, être dans l’incertitude ou dans la crainte des événements à venir conduit à une situation inconfortable. Pour se rassurer, diverses stratégies sont mises au point, conscientes ou non, afin de nous ramener à une réalité bienveillante. Ces stratégies ont été confirmées par les travaux menés en psychologie sociale : lorsqu’un individu est mis en situation de non-contrôle cognitif[1], il a plus volontiers tendance à interpréter les faits en ayant recours à des explications relevant de croyances ou de schèmes de pensée « magiques » qu’à des explications plus « rationnelles ». Dans cet état, il tend à rejeter toute activité cognitivement coûteuse et préfère utiliser des procédures intellectuelles peu coûteuses : validation subjective, exposition sélective aux médias pensant comme lui, etc.

Dans ces conditions, comprendre les mécanismes permettant ou empêchant les individus de démêler le « vrai » (si tant est qu’il existe) du faux – attendu qu’on puisse s’entendre sur ce qui est « faux » -, de juger de la pertinence d’une information à partir de critères épistémologiquement robustes, devient un enjeu scientifique majeur pour permettre d’élaborer des stratégies prévenant les aliénations potentielles d’individus dont l’accès à la connaissance est assez inégalitaire et hétérogène.

[1]Le non-contrôle cognitif ou encore « épuisement cognitif » d’un individu est créé par une situation ne lui permettant pas de résoudre un problème soumis à son examen.

Projet d’animation scientifique, Valorisation et implication de la SFR dans des actions de formation

La SFR cherchera à développer au maximum ses liens de recherche avec des équipes et unités aux niveaux national et international dont les objectifs sont convergents et complémentaires des siens.
La SFR aura pour vocation de mener des actions visant à promouvoir son activité et pourra notamment rechercher auprès de différents partenaires des moyens destinés à alimenter un fond qui aura plusieurs objectifs :

  1. l’organisation d’un symposium annuel sur la pensée critique ;

  2. l’organisation d’un cycle de conférence-débat thématique

  3. le soutien à la préparation de candidatures pour des appels à projets ANR et européens. Un dispositif permettant aux unités de recherche de la SFR de concourir pour des financements de recherche obtenus par la SFR sera mis en place. Le financement sera accordé à des unités de recherche de la SFR présentant un projet collaboratif et répondant aux objectifs scientifiques de la SFR ;

  4. le soutien aux projets de thèse ou de post-doctorat en co-direction.

  5. le Comité de Pilotage fera remonter via les écoles doctorales à la commission ad hoc chargée de la ventilation des contrats doctoraux des demandes sur des sujets fléchés et soutenus par la SFR ;

Le fond évoqué pourra également être alimenté par les contributions volontaires des unités de recherche de la SFR.

La SFR tiendra a jour une liste complète des publications de ses membres.

La SFR cogérera le DU Pensée critique.

La SFR prévoit l’élaboration de guides à destination du public.